L'Âme

L'Âme, selon certains courants religieux et philosophiques, est le principe vital, immanent ou transcendant, de toute entité douée de vie, pour autant que ce principe puisse être distingué de la vie-même.

 

Le terme provient du mot latin anima qui a donné « animé », « animation », « animal ».

 

On la définit souvent comme la capacité à ressentir, à s’émouvoir, elle est alors une caractéristique propre à l’Homme, aussi peut-elle se personnifier en mythologie par Psyché, (gr: Ψυχή qui * signifie souffle). Elle est souvent confondue avec l'ensemble des fonctions psychiques constituant la psyché, instrument qu'elle "anime".

 

L'homme est porté à attribuer de préférence une âme à ce qui change et évolue avec une certaine autonomie, mais par extension, tout élément naturel, par exemple une montagne, peut être investi d'une sorte de conscience avec laquelle il est d'une façon ou d'une autre possible d'interagir. Ce comportement s'il est partagé par l'ensemble d'une culture s'appelle animisme. Dans ce paradigme, chaque entité est douée d'intentionnalité, ce qui donne lieu à l'émergence de rituels pour se concilier ses faveurs.

 

La notion d’âme joue un grand rôle dans la croyance religieuse. Avec ce concept vitaliste, la mort devient moins mystérieuse : lorsqu’une personne meurt, son âme la quitte, raison pour laquelle elle devient inerte ; cette âme pourrait alors revenir sous forme de fantôme, ou bien aller vers un Au-delà (un paradis ou un enfer). Concentrant la fonction vitale essentielle, l’âme devient un espoir de vie éternelle de l'essentiel de la personne et rien ne s'oppose même à sa réincarnation.

 

Ainsi chargée de toutes les vertus, l’âme est alors la face cachée de l’être ; elle devient le moteur de l’action humaine, la capacité à faire le bien et le mal.

 

Le concept d’âme, tacitement associé à celui d’immortalité, reste, selon les modernes, imputé à Platon. Pour l’esprit contemporain, pour qui «  l’existence précède l’essence » (J.-P. Sartre) l’âme reste un mythe que le matérialisme récuse totalement.

L'Âme dans la Bible

Dans la Bible hébraïque âme est la traduction de Nephesh en hébreu. L'équivalent en grec dans la Septante et le Nouveau Testament est Psyché en grec. Le mot Nephesh, (נֶפֶשׁ), qui peut être traduit de plusieurs autres façons, le plus souvent être vivant, souffle. Il représente la vie associée à toute chair, assimilé parfois au sang, dont Dieu interdit la consommation à Noé. Il est traduit de plusieurs autres façons, ce qui peut aider à en déterminer le sens.

 

Dans la Bible, selon l'âme est le sang, d'où l'interdiction, toujours respectée par certains courants religieux, notamment les juifs et les musulmans, de manger un animal avec son sang.

L'Âme et l'hindouisme

 

Appelée Atma, jivatma, anu-atma, ou vijnanam brahman dans l'hindouisme, l'âme est définie comme une infime parcelle d'énergie, partie intégrante de Dieu. Elle habiterait le cœur pour y constituer l'origine de la conscience. Dans cette perspective, l'âme demeure cependant toujours distincte de Dieu et ne l'égale jamais, car si elle en possède les attributs, c'est en infime quantité seulement. Elle constituerait l'énergie marginale de Dieu, car elle pourrait pencher soit vers l'énergie matérielle, soit vers l'énergie spirituelle.

L'Âme en ésotérisme

 

Les divers courants ésotériques n'ont pas de conceptions identiques de l'âme. Souvent l'âme est considérée comme ayant une triple structure, comme chez Robert Fludd au XVIIe siècle, qui la considère comme le principe de vie : dans la tête elle est pour lui l'âme intellectuelle, dans la poitrine l'âme vitale, dans le ventre l'âme sensitive. Pour Robert Flud l'âme intellectuelle comprendrait elle-même trois parties : la Mens qui est la substance même de l'âme, l’intellectus qui est orienté vers les mondes supérieurs d'où l'âme est descendue, et la ratio qui se tourne vers elle-même et vers les régions inférieures.

 

Chez Rudolf Steiner, l'âme est composée de trois parties : l'âme de sensation ou de sentiment (la plus proche du corps), l'âme de coeur et de raison ou d'entendement, et l'âme de conscience (la plus proche de l'esprit). Il est parfois question d'âme spirituelle laquelle désigne alors l'esprit ou une partie de l'esprit triplement organisé par exemple dans la théosophie développée par H.P Blavatsky ou l'âme spirituelle est aussi le buddhi. Pour le gnostique moderne, qu'est Jan van Rijckenborgh, l'homme a deux âmes. L'une étant l'« interprète lumineux de l'esprit » dans le corps l'autre un « souffle » qui maintient en vie et entretient la cohésion des différents principes de l'homme, c'est-à-dire, sa pensée, ses désirs ou son corps.

 

Le concept d’âme, tacitement associé à celui d’immortalité, reste, selon les modernes, imputé à Platon. Pour l’esprit contemporain, pour qui «  l’existence précède l’essence » (J.-P. Sartre) l’âme reste un mythe que le matérialisme récuse totalement. Depuis Platon, les Égyptiens ou le Vedanta, l’être humain est pourvu de plusieurs « âmes » hiérarchiquement emboîtées dont le caractère d’immortalité reste tout à fait relatif. Seule l’âme supérieure jouirait de cette possibilité en se réincarnant suivant des lois dites “karmiques”.

L'Âme au Moyen Âge

L'auteur B. Groulx dans "Ainsi soit-elle" mentionne au sujet de l'âme :

 

« Il avait bien fallu nous octroyer une âme au concile de Nicée, mais attention ! l’Âme aussi avait un sexe. La nôtre n’était pas de nature aussi divine que l’âme masculine.

 

La preuve en était administrée illico par le même concile qui fixait la date de l’entrée en vigueur de l’âme masculine dans le fœtus au 40e jour de gestation mais au 80e seulement s’il s’agissait d’une fille.

 

Dans un « cloaque » l’âme a plus de peine à s’infiltrer. De plus cette âme féminine était souillée chaque mois par la menstruation, au point que le concile, pour maintenir la pureté des saints lieux, dut interdire l’entrée des églises aux femmes pendant leurs règles.

 

Tous ces faits n’apportaient-ils pas la preuve de l’infériorité féminine ?»

 

Au cours du 8e concile de Constantinople, en 869, il a été décrété la suppression de l'esprit dans le 11e canon, l'âme comportant désormais une partie spirituelle. C'est de cette époque que date la confusion entre âme et esprit. Auparavant, on associait l'esprit à la pensée et l'âme au sentiment. La trichotomie (corps, âme et esprit) a été bannie au profit de la dichotomie (corps et âme). On est donc passé d'une vision équilibrée de l'homme (l'âme équilibre et harmonise le conflit entre le corps et l'esprit) à une vision dualiste (le corps s'oppose à l'âme ou l'esprit).En effet, le 11e canon dit :

 

« Anathème à quiconque soutient qu'il y a deux âmes dans l'homme ».

Les adversaires du Patriarche de Constantinople, Photios, l'avaient accusé mensongèrement de prétendre que l'homme avait deux âmes. Photios fut destitué, puis réhabilité. Il réunit un concile à Constantinople en 879/880 qui annula celui de 869.

Rome accepta ce concile provisoirement, et le pape conserva de bonnes relations avec Photios, mais après le schisme, le concile de 879/880 ne fut plus repris dans les conciles reconnus par Rome.

L'abolition de l'esprit provient donc pas de ce concile même si l'abolition de l'esprit est bien effective dans l'Église catholique. En effet, dans le catéchisme romain de 1992, il est dit :

 

« L'homme est composé d'un corps et d'une âme »

 

Avant ou après la naissance, c'est au Moyen âge que le baptême a été généralisé. Le pape Paul V en 1614, proclame la césarienne post mortem pour sauver l'âme de l'enfant. Le bébé non exorcisé par le baptême était enterré hors du cimetière.

L'Âme en psychologie

Pour la plupart des théoriciens, l'âme est l’intériorité de la pensée émotionnelle et mentale. En regard du monde extérieur, constitué d’objets palpables sur lesquels l’expérimentation peut avoir prise, (dans l’acception ‘scientifique’ communément admise, soit au sens de la physique, et de la chimie), le psychologue envisage un monde intérieur où les souvenirs, les désirs, les images mentales, la douleur, la souffrance morale et les rêves ont leur champ d’action. Toute cette partie de la psychologie considère la conscience émotionnelle et mentale comme prépondérante sur l’étude du comportement, que la psychologie comportementaliste, met, elle, en avant. Il y a en la matière, pour le moins, querelle d’écoles, et divergence d’opinions et de méthodes